Journal de bord · 29 juillet 2026

S'attaquer au sujet non résolu de l'IA en entreprise

J’ai l’impression que la nouvelle vague d’implémentateurs IA cible un entre-deux : des entreprises connaissant une croissance suffisamment forte pour avoir besoin d’IA, mais trop petites pour avoir une DSI structurée qui poserait très vite (et légitimement) des questions embarrassantes sur la sécurité des données et la maintenance de tels systèmes.

De mon côté, comme d’habitude, j’aime les extrêmes.

D’un côté, j’implémente des seconds cerveaux IA : des systèmes recomposés à partir de solutions open source, qui donnent à l’IA du contexte, des méthodes et des outils pour agir sans repartir de zéro à chaque conversation. Concrètement, ces systèmes permettent par exemple, après une réunion : collecter la transcription, croiser les décisions prises avec le planning initialement prévu, vérifier l’alignement avec la stratégie de l’entreprise, et distribuer les tâches à l’équipe.

C’est toute la philosophie derrière qui m’intéresse : rester maître de son contexte sans dépendre d’un fournisseur de modèle IA, retrouver de la clarté sur ses process métier, et permettre à chaque personne de travailler avec un système taillé sur-mesure. Tout cela sans dépendre d’une solution de marché (souvent inadaptée ou peu performante).

En parallèle, je fais des missions de conseil en IA en environnement très contraint avec des impératifs de cybersécurité, de souveraineté, de maintenance évolutive et d’optimisation des coûts à l’échelle.

Vu de l’extérieur, ça fait très « red flag ». Est-ce que je me parjure selon les clients ?

Je ne crois pas.

Si j’ai choisi de défendre ces solutions “nouvelle génération” tout en connaissant leurs limites en entreprise, c’est pour attaquer le problème à bras-le-corps : voir ce qui fonctionne vraiment en production, sans attendre qu’un acteur américain ou chinois trouve la solution “miracle” qui lui apportera un monopole intenable pour la plupart des organisations européennes dans un contexte géopolitique déjà tendu.

Je ne peux pas m’arrêter à « La DSI ne laissera jamais passer ça. »

Sinon, deux options : dépendre d’éditeurs qui choisiront les coûts et les règles, ou devoir tout refaire soi-même en mobilisant les équipes internes sur des projets coûteux dont on ne connaît pas encore le ROI.

Une alternative existe mais elle est encore plus inconfortable, car les contours de ses limites et de ses bénéfices ne sont pas encore bien définis. Il s’agit de reprendre ce qu’il y a de mieux sur le marché et d’assembler le tout de manière modulaire, avec la possibilité d’interchanger chaque pièce. Ça demande un état d’esprit particulier que toutes les entreprises n’ont pas encore l’envie (ou les moyens) d’adopter.

Et pourtant, en faisant ça, on acquiert du savoir, on apprend. Chaque itération laisse une trace : une clarification du process métier, une règle spécifique : des actifs qui rendent l’organisation plus apprenante.

Ma conviction est que l’on doit pour le moment composer avec un portefeuille de solutions complémentaires, en assumant différents stades de maturité.

Le sujet n’est pas résolu. C’est ça qui m’intéresse.