Mon OS IA repose sur deux couches qui se nourrissent l'une l'autre.
La première, ce sont des fichiers de contexte. Ils contiennent ce que l'agent doit savoir avant d'agir : l'état de mes projets, les décisions déjà prises, ma façon de travailler, mon style d'écriture et les apprentissages accumulés. Tout est écrit. Je ne repars donc pas de zéro à chaque conversation.
La seconde, ce sont des skills. Un skill est un mode d'emploi que j'écris une fois pour mon agent IA : les étapes à suivre, le format à produire, le ton, les pièges et des exemples. Il lit les bons fichiers pour exploiter le contexte au moment d'agir.
Certains skills produisent. D'autres entretiennent le système : ils journalisent une session, extraient une leçon, mettent à jour un contexte ou affûtent un skill. Le contexte rend les skills plus justes ; les skills gardent le contexte vivant.
Je les pense comme des primitives : de petites briques stables qu'on rebranche partout. Le résultat de l'une peut lancer la suivante, parfois sans intervention de ma part.
Une règle tient l'ensemble : aucune session ne se termine sans que j'en retire une leçon.
Rien ne se perd
Les fichiers de contexte ne sont pas une archive figée. Des skills les entretiennent pendant et après le travail pour que la prochaine session reparte du bon endroit.
Clôture journalise ce qui a été fait. La capitalisation en extrait les leçons réutilisables et les range en notes atomiques. Le parti prisgrave les décisions sur le système lui-même, pour ne pas les re-discuter.
C'est la boucle méta : le système qui s'améliore lui-même. Une correction en session, détectée à la clôture, gravée en décision, puis intégrée au skill. La version de demain se plante un peu moins que celle d'aujourd'hui.
Trois enchaînements, en vrai
Un skill seul ne dit pas grand-chose. Voici comment les fichiers de contexte et les skills s'imbriquent dans trois chaînes de travail concrètes.
A — De la transcription de réunion au passage à l'action
À partir de la transcription, le système produit un mémo interne puis un compte rendu client envoyable. Le texte repasse dans mon style d'écriture, puis par une passe anti-IA. En bas de la chaîne, le workflow bifurque : j'envoie le mail d'un côté ; de l'autre, les tâches sont transférées vers l'outil de gestion des tâches.
B — D'un problème flou à un plan
Cadrage pose le problème proprement : contexte, enjeu, options, critères. Sur-le-gril me cuisine, une question à la fois, jusqu'à ce que le plan tienne. Angles morts cartographie ce que je sais, ce que je suppose, ce que j'ignore. Le plan qui sort hérite des critères du cadrage et des zones d'ombre relevées en chemin.
* Une hypothèse critique reste ouverte ? On reboucle sur le gril avant d'exécuter.
C — De l'idée à l'essai
Une idée d'écriture devient d'abord un plan. L'essai est ensuite rédigé partie par partie dans mon style, puis confié à des agents de lecture qui challengent sa clarté, son rythme et sa solidité avant la sortie finale.
* La rédaction et les relectures sont encapsulées dans Essai perso : je lance le workflow, pas chaque passe séparément.
Chaque moment a son outil : une réunion qui finit, un brouillon qui doute, un projet qui démarre. Je ne déroule pas ces chaînes à chaque fois — elles sont là quand le moment les réclame. Et tout ce qui en sort retombe dans la mémoire du système.