Je veux plus livrer de PowerPoint
Quand j’ai écrit sur mon site « J’aide les équipes à réenchanter leur quotidien », j’y croyais sans l’avoir encore matérialisé. Après une scale-up puis un cabinet de conseil, je me demandais si ce n’était pas réservé à ceux qui pouvaient se le permettre.
Ce matin, un billet d’a16z a formulé exactement ce que je cherchais :
“But I think the more interesting thing about AI is that it’s also the other kind of technology, the paintbrush kind, the kind that lets us express ourselves as humans.”
Pourtant, je continuais comme avant : rassembler les documents, préparer un dossier ZIP, rédiger un mail pour expliquer quel fichier contenait quoi.
Je parlais de réenchanter le quotidien, mais je livrais encore des fichiers.
J’ai créé un portail pour mon client. Il y retrouve notre travail et les ressources à tester. Quand il se demande « Où en est-on avec Julie ? », il l’ouvre.
Un stylo a toujours prolongé ma main. Avec l’écran, je ressentais une distance entre ce que j’imaginais et ce que je pouvais fabriquer. Avec l’IA et la voix, l’ordinateur devient le prolongement de ma pensée.
Je ne veux plus livrer un fichier. Je veux livrer un espace de jeu : quelque chose de malléable, qui suscite une réaction et enclenche une discussion.
L’auteur écrit aussi : “People who spent years as spectators of their own ambitions are finally actualizing them.”
Je n’étais même pas spectatrice de ces ambitions. Elles restaient dans ma tête, avec les dessins et les choses que je fabriquais en dehors du travail. Au travail, je revenais aux formes propres, fonctionnelles, corporate.
La vraie magie de l’IA, ce n’est pas qu’elle soit suffisamment intelligente pour tout faire toute seule. C’est qu’elle me permette de travailler comme j’en ai envie.